Augmentation des tarifs pour les interventions par hélicoptère

Le Conseil d'Etat a décidé d'une augmentation des tarifs pour les interventions par hélicoptère.  Une hausse qui ne satisfait pas

 

Les compagnies d'hélicoptères valaisannes bénéficieront d'une augmentation des tarifs pour les interventions de sauvetage. Le gouvernement valaisan a communiqué sa décision vendredi, devançant le postulat urgent déposé par les députés Grégory Logean (UDC) et Beat Rieder (PDC du Haut), qui demandaient une hausse des tarifs.

Inchangés depuis plus de dix ans, ces montants avaient fait l'objet de négociations entre les compagnies (Air-Glaciers et Air Zermatt) et les assureurs, représentés par tarifsuisse SA, filiale de santésuisse. Ces tractations ayant échoué, le Conseil d'Etat valaisan a tranché et revalorisé les tarifs pouvant être facturés à l'assurance obligatoire des soins (LAMal). Ils passent ainsi de 87 fr. 20 à 108 fr. 05 par minute de vol pour un hélicoptère biturbine et de 77 fr. à 83 fr. 25 pour une machine monoturbine.


Une décision "inacceptable"

Directeur d'Air-Glaciers, Bruno Bagnoud se dit "déçu et dépité"  par une décision qu'il juge "inacceptable" . " Cela fait cinquante ans que l'on met gratuitement nos machines à disposition du canton, on aurait au moins le droit d'obtenir le prix de revient, qui se situe à 150 fr. 35 pour les biturbines et à 126 fr. 10 pour les monoturbines! Je trouve que le Conseil d'Etat manque de courage pour prendre les vraies décisions."

La réaction est à peine plus mesurée du côté d'Air Zermatt. "C'est un pas dans la bonne direction, mais cela ne va jamais couvrir nos coûts,  estime le directeur Gerold Biner. Pour nous, il aurait fallu doubler les anciens tarifs."

Pour les assureurs, ces chiffres restent "plus élevés que ce que nous estimions raisonnables" , se contente de dire Daniel Wiedmer, porte-parole de tarifsuisse SA.

Les nouveaux tarifs sont applicables avec effet rétroactif au 1er janvier 2014. Ils peuvent faire l'objet, dans les 30 jours, d'un recours au Tribunal administratif fédéral. De part et d'autre, on n'exclut pas une telle possibilité. "Nous allons d'abord prendre l'avis de nos clients" , explique Daniel Wiedmer .  Bruno Bagnoud veut également se laisser le temps de la réflexion. "Soit nous recourrons, soit il nous faudra trouver une autre solution. Mais je ne sais pas encore laquelle."

Par PATRICE GENET

Source : Le Nouvelliste du samedi 12 septembre 2015

 

Sion, le lundi 13 septembre 2015 à 8h

 

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